Je participe depuis le 28 novembre et jusqu’au 2 décembre au premier « festival international de fiction » sur Twitter (#Twitterfiction) . Expérience intéressante, voire amusante, même si je ne mesure pas encore bien la place que la « twittérature » va prendre à court ou moyen terme. J’ai envoyé courant octobre un projet aux organisateurs du festival, en acceptant donc de me plier à un format d’écriture bien précis (les fameux 140 signes par tweets) et à un environnement inhabituel : raconter une histoire en direct au sein d’un réseau social. Lorsque j’ai appris que je faisais partie de la trentaine de sélectionnés sur 600 candidatures dans le monde, il était trop tard pour reculer.
J’ai choisi dès le départ de ne pas tweeter depuis mon compte habituel (@marccapelle), mais de créer un personnage, Marcel, doté d’un compte propre (@Marcel de l’Aa). Ce Marcel est un vieux bonhomme, un fantôme pour tout dire, qui débarque sur Twitter et qui en découvre donc les usages. Son intention est à la fois de raconter son histoire – car il est détenteur d’un vrai secret – et d’essayer de retrouver sa famille dont il a perdu la trace depuis fort longtemps.
La communication autour de ce festival marche bien. L’idée, la nouveauté, ont séduit. Le numérique et son lot d’expériences quotidiennes mobilise les médias. Ainsi, pour ne parler que des auteurs français (nous sommes trois), 20 Minutes, Télérama, mais aussi le Hindustan Times ou encore El Nacional (Venezuela), et bien d’autres, ont présenté le Festival de la fiction sur Twitter et les auteurs sélectionnés (souvent sur la base d’une dépêche de l’AFP). Agnès Brigaudeau, journaliste à FranceTV Info a publié un article sur son blog Bibliothérapie. Nord-Eclair a levé un coin du voile sur l’identité de Marcel. La télévision suisse romande (TSR) m’a questionné…
Mais de quoi parle t-on au juste ? J’hésite (encore) à utiliser le terme de « littérature sur Twitter » ou de « littérature en ligne » en général. Je parle plus volontiers d’écriture en ligne. Les organisateurs du festival ont d’ailleurs choisi de parler de « fiction » et non de « littérature ». Formé à l’ancienne, avec cahier à spirales, machine à écrire à ruban et bouquins alignés sur des rayonnages de bibliothèque, il ne m’est pas simple d’admettre qu’avec le numérique la création littéraire est en train d’évoluer. Pourtant, une littérature 2.0 s’installe peu à peu, comme il existe désormais un journalisme 2.0. L’édition numérique est déjà une réalité (par exemple, Flore Geffroy-Kearley qui a lancé les Editions Gaulois Nomade, en parle fort bien). Mais publier en ligne des romans ou des nouvelles écrits de manière traditionnelle est une chose. Ecrire en ligne, avec la possibilité d’être lu en direct et d’interagir avec des lecteurs, en est une autre et cela exige un peu d’entrainement. ll faut sans doute aussi remettre en question la notion d’auteur unique, maître de son sujet de A à Z. De ce point de vue, j’ai vécu ma participation à ce festival comme une session de formation.
Un billet d’Hubert Guillaud, rédacteur en chef d’Internet Actu Net, sur son blog hébergé par Le Monde, développe bien plus savamment que moi le sujet. Rédigé avant le lancement du Twitter Fiction Festival, il ne parle pas de l’événement.
Pourquoi et comment je vais quitter l’ESJ Lille
Je vais quitter l’Ecole supérieure de journalisme Lille dans quelques mois. Le 7 juin j’ai présenté au conseil d’administration un plan de restructuration de l’ESJ, en vue d’équilibrer ses comptes. Parmi les mesures, j’ai proposé de nommer à la tête de l’école un directeur d’établissement en provenance de l’Université (1). Philippe Minoggio, directeur délégué aux affaires financières, efficace et loyal, avec qui j’ai préparé ce plan, va également quitter l’école. Nous avons proposé que ses responsabilités soient confiées à l’Université. Nos départs sont prévus pour fin 2012. La forme exacte de la nouvelle gouvernance doit maintenant faire l’objet de discussions entre l’ESJ, Lille 3 et l’IEP de Lille. Quatre autres membres de notre équipe sont hélas également concernés par les départs prévus dans ce plan, même si nous avons veillé à limiter au maximum les conséquences sociales de cette nécessaire restructuration. Point essentiel : les moyens alloués à la pédagogie, et donc à la qualité des formations dispensées à l’école, sont toutefois totalement préservés.
J’avais été nommé directeur de l’ESJ Lille en juin 2011, à l’issue – bien provisoire à vrai dire – de l’une de ces périodes tourmentées dont l’école semble se délecter depuis des lustres. J’avais alors pris la succession de Daniel Deloit. Daniel dont j’avais découvert dès 1991 à Bucarest – où je travaillais alors à la faculté de journalisme et où il était en mission – la passion pour la radio, pour la formation et pour les autres.
L’ESJ Lille est une grande école de journalisme. La meilleure de France, dit-on souvent. Une école qui s’attache à transmettre un savoir-faire autant qu’un savoir-être. Une école que je connais particulièrement bien et dont je suis sorti diplômé en 1981. J’ai été responsable des enseignements de presse écrite de l’ESJ, directeur des activités internationales puis, après un détour par Sarajevo et Paris, directeur délégué, puis directeur. Je n’ai rien calculé, je n’ai jamais bâti de plan de carrière. Seules de belles rencontres, l’envie d’être utile et un peu de chance, m’ont placé sur ce chemin.
Lorsque le président de l’ESJ Lille, Georges Potriquet – homme de dialogue et de convictions – m’en a confié la direction, l’école souffrait d’un déséquilibre budgétaire. Cette fragilité, d’ordre structurel, ne date pas d’hier et a en particulier pour origine la baisse régulière des ressources provenant de la taxe d’apprentissage versée par les entreprises. Avec l’apparition de nouvelles écoles de journalisme reconnues par la profession, le montant global de la taxe s’en est trouvé morcelé entre davantage d’établissements. Pour survivre, l’ESJ, école sous statut associatif et bénéficiant d’un financement public très faible, a dû au début des années 90, se lancer dans des activités de développement (formation continue, activités internationales) pour générer des ressources à même de financer la formation initiale. Mais, par nature, ces ressources sont aléatoires, si bien que l’école est toujours à la recherche d’un modèle économique stable. Sans l’engagement et l’extraordinaire fidélité du groupe Centre France et le soutien essentiel de la Région Nord – Pas de Calais, l’école n’existerait plus aujourd’hui, il faut le dire.
Mais l’ESJ Lille doit maintenant franchir une nouvelle étape et se donner les moyens de devenir une école publique à l’horizon 2015. Les écoles françaises de journalisme reconnues par la profession sont désormais publiques dans leur très grande majorité. Rejoindre ce mouvement est dans l’intérêt de l’ESJ et conforme à sa raison d’être depuis toujours. Former des journalistes, ces professionnels de la démocratie (pour reprendre une expression souvent utilisée par Patrick Pépin, l’un de mes prédécesseurs qui m’avait confié la direction des affaires internationales de l’école et à qui je dois certaines des plus belles années de mon parcours professionnel), voilà bien une mission de service public.
L’ESJ va donc devoir finaliser son intégration dans le secteur public, mais d’autres mutations seront sans doute nécessaires. Ainsi, comme les médias en général, l’école est bien sûr directement concernée par la révolution numérique en marche. Le cursus pédagogique a déjà pris en compte cette réalité. Mais il faudra encore évoluer. Tout le monde est présent sur le Net, tout le monde veut informer et les journalistes sont obligés de se remettre en question. Pour rester une grande école de journalisme, l’ESJ Lille devra diplômer demain des étudiants qui non seulement maitriseront les outils et les techniques professionnelles, mais qui devront également démontrer tous les jours leur valeur ajoutée, en se montrant mieux informés, plus pertinents que les autres dans un ou deux domaines bien identifiés. L’ESJ qui, jusqu’ici, a toujours formé des « journalistes généralistes » (au sein de son cursus principal en tout cas), devra sans doute demain, je le pense en tout cas, former des spécialistes. Du traitement journalistique des questions urbaines ? Des questions environnementales ? Des questions financières ? Il faudra choisir. L’intégration de l’ESJ dans le secteur public, sa participation à la construction de l’Université de Lille, est le bon moment pour remettre à plat son offre de formation. Toutes les écoles de journalisme sérieuses sont capables de former très correctement des journalistes maîtrisant les techniques de base du métier. Les écoles qui, comme l’ESJ Lille, visent l’excellence devront demain se distinguer en formant – y compris en alternance – des experts, des journalistes à forte spécificité professionnelle et pouvant démontrer chaque jour leur utilité sociale.
J’aurai vécu à l’ESJ Lille de vrais bonheurs, quelques épreuves aussi. Il faut dire que le label « ESJ Lille » nourrit depuis toujours des ambitions, mais suscite aussi des convoitises et alimente bien des intrigues, bien des petits calculs. Tant pis, tant mieux. Je veux surtout garder le souvenir de moments forts, de projets enthousiasmants et quelques images qui auront jalonné mon parcours dans cette belle maison. L’installation, en 1989, des premiers Macinstosh, et la réalisation par les étudiants du premier magazine en PAO. Le démantèlement de l’imprimerie offset intégrée. La 64ème promotion de l’ESJ plongée, en mai 1990, en pleine Roumanie « post-révolutionnaire ». Les premiers étudiants vietnamiens acueillis à l’ESJ en 1994 et 1995. Le Mur de Berlin reconstitué dans la cour de l’école, en 1996 je crois, par les étudiants pour une fête « Est-Ouest ». L’émotion des journalistes kosovars invités à Lille en 1999. Et, à l’occasion de chaque rentrée, dans la solennité du grand amphithéâtre de l’école, les visages de ces jeunes, français et étrangers, heureux et fiers d’appartenir enfin à la grande famille de l’ESJ et de savoir que cette fois c’est sûr : ils seront journalistes.
Marc Capelle
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(1) Additif 27 janvier 2013 – Finalement cette proposition en direction de l’Université ne se concrétisera pas pour l’instant. C’est Pierre Savary, directeur des études, qui a été nommé pour me succéder à la direction, tout en conservant son poste aux études, ceci afin de rester dans l’économie de notre projet.
De la ville il n’a gardé que de vagues souvenirs. Des images en noir et blanc dans les albums photos et les briques rouge-brun, presque noires, des maisons. Il y avait ces dimanches où, pendant sa petite enfance, il grimpait dans la 2 CV familiale pour aller rendre visite à sa grand-mère maternelle qui habitait Roubaix, pas loin d’un canal et d’un grand cimetière, à deux rues de la Clinique des Cigognes, celle-là même où il avait vu le jour dans les années 50. Ses parents vivaient alors dans une banlieue vaguement bourgeoise de la métropole lilloise. Aller chez « bonne maman » c’était un voyage d’une demi-heure à peine, mais c’était déjà changer de monde.
Il fallait d’abord remonter un interminable boulevard bordé de peupliers, puis on passait devant le Beau Jardin, comme l’appelait sa mère. Tout de suite après on entrait dans la ville, on traversait un quartier commerçant et on finissait par se garer dans une rue calme et grise. L’étroit et long couloir de la petite maison, la pompe à eau dans la cour minuscule, le tablier de sa grand-mère, les adultes qui disaient aimer l’odeur du café « qui finque »*, les rires clairs autour de la table de la cuisine, les voisins qui entraient sans façon pour dire bonjour, emprunter du sel ou du sucre et qui repartaient aussi sec. Tout avait l’air pauvre mais simple.
Ce matin, il est surpris de découvrir que le tramway l’attend dès la descente du train en gare de Lille Flandres. Avant, le tramway s’appelait Mongy et s’arrêtait à hauteur de l’Opéra. Il prend un ticket pour Roubaix Eurotéléport, intrigué par le nouveau nom du terminus. Il n’aime pas ces tramways modernes, confortables et silencieux. Les trams de la vieille Europe, bringuebalants et grinçants, tellement poussifs que l’on peut monter et descendre en marche sans danger… voilà ce qu’il lui faut. Le vieux Mongy était de cette famille là.
Le tramway vert et blanc s’engage sur le grand boulevard. Des tunnels ont été creusés à certains carrefours et il a du mal à reconnaitre l’embranchement du Croisé-Laroche. Le supermarché de son enfance a disparu, remplacé par un autre, plus grand, plus coloré. Au Croisé, la ligne se scinde en deux. A gauche, Tourcoing . A droite, Roubaix. Comme autrefois.
Après quelques kilomètres, la ligne longe le Parc Barbieux, le « beau jardin » de sa mère. Il avait oublié ces immenses et superbes maisons tout autour. Petit il n’avait pas prêté attention à cette zone privilégiée. Il ne faisait que passer.
Il a souvent entendu parler de Roubaix ces dernières années. Des images au journal télévisé, quelques colonnes dans les journaux. L’immigration, la montée de l’islamisme, la délinquance, le chômage. Le Musée de La Piscine aussi. Roubaix victime et Roubaix vitrine. Le tramway s’est arrêté devant l’usine-château. Il reconnait l’immense fabrique, avec donjon, pont-levis et créneaux, folie des grandeurs d’un chevalier d’industrie. A partir d’ici commence son Roubaix.
Il retrouve facilement la Grand’Rue, mais il est désorienté par les couleurs. Dans sa tête elle était en noir et blanc. La rue est longue comme une avenue. Il veut aller jusqu’au bout. Il aimerait savoir, comme les aborigènes, chanter le chemin.
Des types aux carrefours qui attendent ou qui vendent. Le bâtiment d’importance de la Banque de France. Le parfum exotique des épiceries asiatiques. Les lofts chics des anciennes fabriques de fripes. Le boulevard des Nations-Unies, Roubaix-New York, urban rock. Pâtisseries orientales et boucheries halal, on est près du canal. Les façades uniformes des petites rues monotones. Encore quelques mètres, et c’est là qu’autrefois, les dimanches …
Au commencement était Sarajevo
Sarajevo va commémorer cette année un triste anniversaire. Il y a 20 ans – le 6 avril 1992 – l’armée populaire yougoslave et des milices serbes prenaient position autour de la ville. Le siège le plus long de l’histoire des guerres modernes (il a pris fin le 29 février 1996) venait de commencer. La Bosnie-Herzégovine avait déclaré son indépendance quelques semaines auparavant.
Vingt ans plus tard, Sarajevo reste un symbole. Un symbole de l’idée même de résistance. Un symbole de nos espoirs. Un symbole de nos échecs.
La sortie du film d’Angelina Jolie, « Au pays du sang et du miel », est l’occasion de rappeler qu’aucune ville au monde n’aura mobilisé en 20 ans autant d’écrivains, cinéastes, musiciens, intellectuels. On distinguera ici ceux pour qui se montrer à Bascarsija relève du marketing et celles et ceux qui ont honnêtement voulu s’engager, témoigner, aider les habitants de cette ville martyre, à deux heures de vol de Paris, Londres ou Bruxelles. De U2 à Ken Loach, de Jean-Luc Godard à Jane Birkin, de Susan Sontag à Jorge Semprun, le défilé des célébrités est ininterrompu.
On cite aussi souvent en exemple Francis Bueb qui, avec quelques amis, a imposé la culture comme outil de résistance pendant le siège de la ville, puis a créé à Sarajevo le Centre André Malraux et installé, dans des conditions acrobatiques, une dynamique forte autour de la place de la littérature, du cinéma, de la création artistique dans la société.
Autre signe de la persistance de cet engagement pour Sarajevo : le 6 avril prochain, sur une initiative de Rémy Ourdan, rédacteur en chef au Monde qui a couvert la guerre de Bosnie-Herzégovine, les reporters présents à Sarajevo pendant le siège sont invités à se retrouver sur place à l’hotel Holiday Inn, définitivement célèbre pour avoir abrité les journalistes étrangers pendant la guerre. Le groupe Facebook créé pour l’occasion jouit d’un succès notable. La « famille » des reporters de guerre n’est peut-être pas née à Sarajevo, mais elle y aura manifestement grandi et mûri.
Sarajevo aura ainsi catalysé depuis vingt ans, les engagements et les espoirs d’une génération d’hommes et de femmes qui – artistes, intellectuels, journalistes notamment – se seront attachés à témoigner, à dénoncer les crimes commis au cœur de ce que l’on appelait jadis la Jerusalem de l’Europe, à accompagner les projets de création et de reconstruction initiés localement. Car il ne faut pas oublier que des artistes, des cinéastes, des écrivains, des journalistes, des intellectuels de Bosnie-Herzégovine se sont aussi beaucoup mobilisés pour Sarajevo et tout ce que cette ville représente.
Et pourtant… Aujourd’hui la Bosnie-Herzégovine est toujours un pays malade de ses divisions communautaires, l’économie est au point mort, de nombreux jeunes voudraient tenter leur chance à l’étranger… Sarajevo, capitale d’un état bancal, est devenue le symbôle de nos échecs. Echec de la « communauté internationale » (terme commode pour désigner l’OTAN, l’ONU, l’UE, les gouvernements étrangers, les diplomates, les experts en tout genre…) qui a mis en place avec les accords de Dayton de 1995 un système de gouvernance qui s’est vite révélé ingérable. Echec des élites politiques bosniennes incapables de surmonter leurs antagonismes pour se mettre au service de tous.
Mais l’échec qui attriste sans doute le plus – car il faut bien parler d’échec – est celui qui affecte toutes celles et ceux qui depuis tant d’années, à titre individuel ou collectif, stars ou anonymes, se mobilisent pour Sarajevo. C’est peu de dire que cet engagement a une bien faible influence sur la situation politique, économique, sociale des Bosniens et des Sarajéviens. Or, nous y avions tous tellement cru… Nous avions cru que l’esprit européen pouvait souffler sur Sarajevo et chasser les nuages menaçants. Que des films engagés allaient changer les mentalités. Qu’en faisant la lumière sur le passé récent, des reportages sérieusement étayés aideraient les Bosniens à écrire une nouvelle page de leur histoire. Que le Sarajevo Film Festival, les Rencontres Européennes du Livre de Sarajevo, le Sarajevo Jazz Festival, le Festival d’Hiver de Sarajevo, seraient autant de portes ouvertes sur cette ville unique au monde.
Mais là est peut-être notre erreur. Nous étions quelques-uns à penser que Sarajevo, attachante mosaïque posée au pied des monts Ingman et Trebevic, était différente. Et que donc pour elle, tout serait différent et qu’après avoir tant résisté à la barbarie, elle s’imposerait comme l’une des cités européennes de référence. Mais aujourd’hui c’est à Berlin que l’on se rend en week-end, à Barcelone ou à Prague que l’on part en échange Erasmus, à l’Alpe d’Huez ou à Innsbruck que l’on skie en nombre (les stations de Bjelasnica et de Jahorina, en bordure de Sarajevo, ont accueilli en 1984 les Jeux Olympiques d’Hiver, mais n’ont pas les moyens aujourd’hui d’accueillir en masse les skieurs européens)…
Difficile de ne pas penser que vingt ans après le début du siège qui a voulu l’étouffer, Sarajevo est laissée au bord du chemin. Il reste une lueur d’espoir : Sarajevo sera capitale culturelle européenne en 2014. Nous tiendrons bien jusque-là.
Marc Capelle
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N.B : Je me suis rendu pour la première fois à Sarajevo en mai 1996. J’y suis retourné plusieurs fois par an jusqu’en 2000, en qualité de directeur des activités internationales de l’ESJ Lille, en particulier pour nouer un partenariat avec l’Institut Mediaplan. De 2000 à 2003, j’ai exercé à l’ambassade de France à Sarajevo, comme attaché audiovisuel régional pour les Balkans.
J’ai connu le téléphone en bakélite, les machines à écrire mécaniques, le typomètre et l’écriture manuscrite.
Aujourd’hui, je navigue sur les eaux troubles de notre monde numérique. Et j’attends la prochaine étape.