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  • ESJ Lille : Momo, l’homme du passé composé

    L’Ecole supérieure de journalisme de Lille fête ces jours-ci ses 90 ans. Alors je pense à Momo.

    Pour les étrangers à la sphère « esjienne » il faut expliquer que, bien avant les 140 caractères des tweets, Momo a appris à des générations de futurs journalistes à faire des phrases courtes. Sujet, verbe, complément. « Le soleil éclaire la Terre ». Momo a aussi inventé Facebook. Il a en effet écrit des livres dont il a financé l’édition et la diffusion en lançant une souscription. Ses anciens élèves ont tous reçu des courriers leur expliquant sans rire pourquoi il fallait absolument pré-commander le dernier ouvrage du Maître. Les livres étaient imprimés à un millier d’exemplaires environ et Momo affirmait alors connaitre personnellement tous ses lecteurs. C’était, et cela reste, son réseau social, son Facebook. Il a même inventé le financement participatif que jamais il n’accepterait d’appeler crowdfunding.

    Momo – Maurice Deleforge à l’état-civil –  professeur de français, a été directeur des études de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille pendant trente-quatre ans. Pour nous, ses anciens élèves, il est définitivement Momo. J’ai aussi travaillé sous sa houlette à l’époque où j’étais responsable des enseignements de presse écrite de l’ESJ Lille, de 1988 à 1990. Avec un ami et collègue, Bruno Lenormant, j’avais introduit les premiers ordinateurs dans la vénérable institution lilloise. Le soleil éclaire la Terre. Le Macintosh facilite l’édition. A l’époque, Momo n’était pas contre, pas spécialement pour non plus. Lui, son truc, ce sont les mots, les phrases, les accords du participe passé, c’est « donner à voir et donner à entendre ». Quand il était content d’une copie il demandait à son auteur de la lire à haute voix et disait « je biche ! ».

    Parmi les nombreux anciens de l’ESJ qui ont connu les années Momo, il y a forcément les « fans » et les détracteurs. En bonne place parmi ces derniers : ceux qui ont vécu Mai 68 sous Momo. Pendant cette période un peu agitée, ce dernier avait apparemment fort mal accepté que son autorité – voire l’autorité tout court –  soit remise en cause. D’autres, j’en suis, chipotent un peu en constatant que Momo ne cite généralement que des auteurs français (Ah…. ! Charles Peguy !). D’autres enfin, dont je suis également, restent reconnaissants à Maurice Deleforge de leur avoir montré que l’écriture c’est peut-être de l’envie et du talent mais c’est aussi du travail et encore du travail. Je ne dirais pas que Momo m’a appris à écrire (à l’époque, l’école primaire, le collège, le lycée étaient là pour ça), mais je peux dire qu’il m’a encouragé, et à 20 ans je faisais partie de ceux qui en avaient besoin. C’est un peu con peut-être, mais c’est vrai. Aux yeux des plus grincheux, Momo a surtout le gros défaut de ne pas être journaliste. « Vous vous rendez compte : le directeur des études de l’ESJ Lille n’est même pas journaliste ! ». Si on écoute un peu trop ces ayatollahs de la formation au journalisme, l’école de Lille aurait ainsi frôlé la catastrophe pendant des décennies. Rires.

    Il faut rappeler aussi que ces années Momo étaient celles d’une presse en bonne santé. Les journalistes étaient encore sur un petit nuage, les citoyens-lecteurs n’avaient que la bonne vieille poste pour les inonder de commentaires, kiosquier était encore un métier, la presse quotidienne régionale étalait sa bonne fortune. Chaque été, Maurice Deleforge faisait alors, de rédaction en rédaction, le tour de France des stagiaires de l’ESJ. Une autre époque.

    Les plus récentes promotions n’ont pas connu ce Momo qui admet être un homme du passé mais, écrit-il quelque part, « du passé composé ». Elles se demandent sans doute qui peut bien être ce dinosaure à barbe blanche qui, deux fois par an, vient emprunter un ouvrage à la bibliothèque de l’école et saluer les quelques connaissances qu’il a encore dans la place. Je ne croise désormais Momo que de loin en loin. Le temps et la vie ont creusé la distance. Pourtant, après la lecture de « Jours tranquilles à l’Est« , Maurice a pris la peine de m’envoyer une lettre fort gentille, mais sans oublier de me faire remarquer qu’une « mitraillette au point » (coquille page 165) est un instrument bien surprenant. Une vraie lettre, avec une véritable enveloppe et un beau timbre. Dingue.

    Depuis quelques années, Maurice s’est retiré sur les flancs du Mont des Cats.  Il a rassemblé ses recettes et consignes pour les rédacteurs d’aujourd’hui et peut-être de demain dans un ouvrage très personnel, « En français dans le journal » (Editions du Valhermeil). L’Evangile selon Saint Momo. En 1994, il a publié « L’ESJ racontée par des témoins de sa vie » (Ed. ESJ). De fait, c’est surtout une histoire de l’école racontée par Momo. Mais pouvait-il en être autrement ? Ecrire pour raconter. Raconter pour transmettre. S’il n’est certes pas journaliste, Maurice Deleforge reste un infatigable passeur. Sujet, verbe, complément. Momo montre le chemin.

    Marc Capelle

  • ESJ Lille : André, passé trop à l’Est

    L’Ecole supérieure de journalisme de Lille fête ces jours-ci ses 90 ans. Alors je pense à André.

    André Mouche a été directeur de l’ESJ de 1980 à 1990. Je l’ai d’abord connu pendant mes études dans la vénérable maison lilloise. Il oeuvrait dans l’ombre d’Hervé Bourges, alors directeur de l’école, puis il lui a succédé. J’ai retrouvé André en 1988 lorsqu’il m’a proposé de devenir responsable des enseignements de presse écrite de l’ESJ. L’homme m’ est apparu à la fois franc et taciturne. Il s’enfermait dans son bureau, des heures, voire des semaines durant. Comme mes collègues, j’ai appris à travailler sans lui. André était là mais il n’était pas là. C’était ainsi.

    Les mois ont passé. Peu à peu, j’ai découvert un André Mouche intelligent, souvent brillant, mais toujours secret. Torturé aussi. A l’extérieur, loin des murs de briques de l’école, André parlait, se confiait un peu, riait et savait offrir son amitié. Rien à voir avec le masque de patron gris et froid qu’il offrait aux heures de bureau et derrière lequel on devinait qu’il luttait.

    En 1990, André s’est rendu en Roumanie pour y effectuer une mission pour le compte du ministère des Affaires étrangères. Il s’agissait d’évaluer la situation des médias roumains juste après la chute de Ceausescu et de jeter les bases d’une coopération franco-roumaine en matière de formation au journalisme. Sans entrer dans les détails, on dira qu’André, fragile, fatigué, a mal vécu son séjour sur place. Sa mission a été interrompue. Comme j’étais moi-même également présent à Bucarest où j’encadrais un groupe d’étudiants de l’ESJ, il m’a fallu organiser le retour en France d’un André déstabilisé par ce pays de l’Est en plein capharnaüm post-communiste. Quelques semaines plus tard je suis retourné à Bucarest pour terminer le travail entamé par André Mouche et créer un jumelage entre l’ESJ Lille et la Faculté de Journalisme de Bucarest. Ce beau programme allait me conduire à m’installer pour trois ans en Roumanie et à entamer un cycle de près de quinze années passionnantes « à l’Est ».

    Ainsi, sans André Mouche mon parcours professionnel aurait été fort différent. J’y pense fréquemment depuis ces années 90 et tout particulièrement en ces jours de fête et de commémoration pour l’ESJ. Après le « pétage de boulons » roumain, André a du quitter son poste de directeur de l’école lilloise. Du jour au lendemain il s’est retrouvé au chômage et – cela ne s’invente pas – c’est à l’ANPE (Agence nationale pour l’Emploi) qu’il a fini par retrouver un travail. Il est mort en 2001, à 58 ans.  Je suis heureux d’avoir partagé quelques-uns de ses bons et de ses mauvais jours.

    Marc Capelle

  • Gueule de bois

    Pour la douzième fois Miguel remplit son verre. En fait, c’est peut-être la treizième. Il ne sait plus très bien. Lentement, l’alcool fait son œuvre et Miguel ne distingue plus que les silhouettes agitées des couples qui dansent la salsa. Le Coca-Cola mélangé au rhum le fait roter et certains clients offusqués voudraient bien que José, le patron, mette ce malotrus dehors.

    Mais Miguel est un habitué. Depuis qu’il a été muté à Lima, voici cinq ans, il vient chaque soir vers 21 heures s’installer à une table de cette pena perdue dans le quartier chic de San Isidro.

    Les femmes se retournent parfois sur cet homme d’une quarantaine d’années, élégamment vêtu et qui ne parle jamais. Seul avec sa bouteille et son verre, Miguel passe son temps à le perdre. Un observateur attentif remarquerait sans doute le léger tremblement des mains que Miguel s’efforce de dissimuler. Mais c’est sans importance car personne ne se soucie de lui.

    A l’heure de la fermeture, Miguel est invariablement affalé sur son banc, plongé dans un sommeil d’ivrogne. Chaque soir, le patron est obligé de le traîner par les pieds jusqu’à la porte. Deux gardes civils, pour qui cette corvée est devenue routinière, emportent alors Miguel jusqu’à la caserne en prenant soin de ne pas le réveiller.

    Quelques heures plus tard, à 5 h 30 précisément, c’est un homme rasé de près, les yeux légèrement vitreux, qui exige qu’on cire ses bottes. Son éternelle cravache à la main, le colonel Miguel Rojas Gutierrez arpente pour la première fois de la journée les bâtiments sinistres qui abritent son régiment. Il ne boira pas une goutte d’alcool avant 21 heures.

    – Billet paru dans Le Monde (supplément Dimanche. Rubrique « Croquis ») le 12 juin 1983

  • Auteur de Twitter Fiction, pour voir

    Je participe depuis le 28 novembre et jusqu’au 2 décembre au premier « festival international de fiction » sur Twitter (#Twitterfiction) . Expérience intéressante, voire amusante, même si je ne mesure pas encore bien la place que la « twittérature » va prendre à court ou moyen terme. J’ai envoyé courant octobre un projet aux organisateurs du festival, en acceptant donc de me plier à un format d’écriture bien précis (les fameux 140 signes par tweets) et à un environnement inhabituel : raconter une histoire en direct au sein d’un réseau social. Lorsque j’ai appris que je faisais partie de la trentaine de sélectionnés sur 600 candidatures dans le monde, il était trop tard pour reculer.

    J’ai choisi dès le départ de ne pas tweeter depuis mon compte habituel (@marccapelle), mais de créer un personnage, Marcel, doté d’un compte propre (@Marcel de l’Aa). Ce Marcel est un vieux bonhomme, un fantôme pour tout dire, qui débarque sur Twitter et qui en découvre donc les usages. Son intention est à la fois de raconter son histoire – car il est détenteur d’un vrai secret – et d’essayer de retrouver sa famille dont il a perdu la trace depuis fort longtemps.

    La communication autour de ce festival marche bien. L’idée, la nouveauté, ont séduit. Le numérique et son lot d’expériences quotidiennes mobilise les médias. Ainsi, pour ne parler que des auteurs français (nous sommes trois), 20 Minutes, Télérama, mais aussi le Hindustan Times ou encore El Nacional (Venezuela), et bien d’autres, ont présenté le Festival de la fiction sur Twitter et les auteurs sélectionnés (souvent sur la base d’une dépêche de l’AFP). Agnès Brigaudeau, journaliste à FranceTV Info a publié un article sur son blog Bibliothérapie. Nord-Eclair a levé un coin du voile sur l’identité de Marcel. La télévision suisse romande (TSR) m’a questionné…

    Mais de quoi parle t-on au juste ? J’hésite (encore) à utiliser le terme de « littérature sur Twitter » ou de « littérature en ligne » en général. Je parle plus volontiers d’écriture en ligne. Les organisateurs du festival ont d’ailleurs choisi de parler de « fiction » et non de « littérature ». Formé à l’ancienne, avec cahier à spirales, machine à écrire à ruban et bouquins alignés sur des rayonnages de bibliothèque, il ne m’est pas simple d’admettre qu’avec le numérique la création littéraire est en train d’évoluer. Pourtant, une littérature 2.0 s’installe peu à peu, comme il existe désormais un journalisme 2.0. L’édition numérique est déjà une réalité (par exemple, Flore Geffroy-Kearley qui a lancé les Editions Gaulois Nomade, en parle fort bien). Mais publier en ligne des romans ou des nouvelles écrits de manière traditionnelle est une chose. Ecrire en ligne, avec la possibilité d’être lu en direct et d’interagir avec des lecteurs, en est une autre et cela exige un peu d’entrainement. ll faut sans doute aussi remettre en question la notion d’auteur unique, maître de son sujet de A à Z. De ce point de vue, j’ai vécu ma participation à ce festival comme une session de formation.

    Un billet d’Hubert Guillaud, rédacteur en chef d’Internet Actu Net, sur son blog hébergé par Le Monde, développe bien plus savamment que moi le sujet. Rédigé avant le lancement du Twitter Fiction Festival, il ne parle pas de l’événement.

  • Pourquoi et comment je vais quitter l’ESJ Lille

    Je vais quitter l’Ecole supérieure de journalisme Lille dans quelques mois. Le 7 juin j’ai présenté au conseil d’administration un plan de restructuration de l’ESJ, en vue d’équilibrer ses comptes. Parmi les mesures, j’ai proposé de nommer à la tête de l’école un directeur d’établissement en provenance de l’Université (1). Philippe Minoggio, directeur délégué aux affaires financières, efficace et loyal, avec qui j’ai préparé ce plan, va également quitter l’école. Nous avons proposé que ses responsabilités soient confiées à l’Université. Nos départs sont prévus pour fin 2012. La forme exacte de la nouvelle gouvernance doit maintenant faire l’objet de discussions entre l’ESJ, Lille 3 et l’IEP de Lille. Quatre autres membres de notre équipe sont hélas également concernés par les départs prévus dans ce plan, même si nous avons veillé à limiter au maximum les conséquences sociales de cette nécessaire restructuration. Point essentiel : les moyens alloués à la pédagogie, et donc à la qualité des formations dispensées à l’école, sont toutefois totalement préservés.

    J’avais été nommé directeur de l’ESJ Lille en juin 2011, à l’issue – bien provisoire à vrai dire – de l’une de ces périodes tourmentées dont l’école semble se délecter depuis des lustres. J’avais alors pris la succession de Daniel Deloit. Daniel dont j’avais découvert dès 1991 à Bucarest – où je travaillais alors à la faculté de journalisme et où il était en mission –  la passion pour la radio, pour la formation et pour les autres.

    L’ESJ Lille est une grande école de journalisme. La meilleure de France, dit-on souvent. Une école qui s’attache à transmettre un savoir-faire autant qu’un savoir-être. Une école que je connais particulièrement bien et dont je suis sorti diplômé en 1981. J’ai été responsable des enseignements de presse écrite de l’ESJ, directeur des activités internationales puis, après un détour par Sarajevo et Paris, directeur délégué, puis directeur. Je n’ai rien calculé, je n’ai jamais bâti de plan de carrière. Seules de belles rencontres, l’envie d’être utile et un peu de chance, m’ont placé sur ce chemin.

    Lorsque le président de l’ESJ Lille, Georges Potriquet – homme de dialogue et de convictions –  m’en a confié la direction, l’école souffrait d’un déséquilibre budgétaire. Cette fragilité, d’ordre structurel, ne date pas d’hier et a en particulier pour origine la baisse régulière des ressources provenant de la taxe d’apprentissage versée par les entreprises. Avec l’apparition de nouvelles écoles de journalisme reconnues par la profession, le montant global de la taxe s’en est trouvé morcelé entre davantage d’établissements. Pour survivre, l’ESJ, école sous statut associatif et bénéficiant d’un financement public très faible, a dû au début des années 90, se lancer dans des activités de développement (formation continue, activités internationales) pour générer des ressources à même de financer la formation initiale. Mais, par nature, ces ressources sont aléatoires, si bien que l’école est toujours à la recherche d’un modèle économique stable. Sans l’engagement et l’extraordinaire fidélité du groupe Centre France et le soutien essentiel de la Région Nord – Pas de Calais, l’école n’existerait plus aujourd’hui, il faut le dire.

    Mais l’ESJ Lille doit maintenant franchir une nouvelle étape et se donner les moyens de devenir une école publique à l’horizon 2015. Les écoles françaises de journalisme reconnues par la profession sont désormais publiques dans leur très grande majorité. Rejoindre ce mouvement est dans l’intérêt de l’ESJ et conforme à sa raison d’être depuis toujours. Former des journalistes, ces professionnels de la démocratie (pour reprendre une expression souvent utilisée par Patrick Pépin, l’un de mes prédécesseurs qui m’avait confié la direction des affaires internationales de l’école et à qui je dois certaines des plus belles années de mon parcours professionnel), voilà bien une mission de service public.

    L’ESJ va donc devoir finaliser son intégration dans le secteur public, mais d’autres mutations seront sans doute nécessaires. Ainsi, comme les médias en général, l’école est bien sûr directement concernée par la révolution numérique en marche. Le cursus pédagogique a déjà pris en compte cette réalité. Mais il faudra encore évoluer. Tout le monde est présent sur le Net, tout le monde veut informer et les journalistes sont obligés de se remettre en question. Pour rester une grande école de journalisme, l’ESJ Lille devra diplômer demain des étudiants qui non seulement maitriseront les outils et les techniques professionnelles, mais qui devront également démontrer tous les jours leur valeur ajoutée, en se montrant mieux informés, plus pertinents que les autres dans un ou deux domaines bien identifiés. L’ESJ qui, jusqu’ici, a toujours formé des « journalistes généralistes » (au sein de son cursus principal en tout cas), devra sans doute demain, je le pense en tout cas, former des spécialistes. Du traitement journalistique des questions urbaines ? Des questions environnementales ? Des questions financières ? Il faudra choisir. L’intégration de l’ESJ dans le secteur public, sa participation à la construction de l’Université de Lille, est le bon moment pour remettre à plat son offre de formation. Toutes les écoles de journalisme sérieuses sont capables de former très correctement des journalistes maîtrisant les techniques de base du métier. Les écoles qui, comme l’ESJ Lille, visent l’excellence devront demain se distinguer en formant – y compris en alternance –  des experts, des journalistes à forte spécificité professionnelle et pouvant démontrer chaque jour leur utilité sociale.

    J’aurai vécu à l’ESJ Lille de vrais bonheurs, quelques épreuves aussi. Il faut dire que le label « ESJ Lille » nourrit depuis toujours des ambitions, mais suscite aussi des convoitises et alimente bien des intrigues, bien des petits calculs. Tant pis, tant mieux. Je veux surtout garder le souvenir de moments forts, de projets enthousiasmants et quelques images qui auront jalonné mon parcours dans cette belle maison. L’installation, en 1989, des premiers Macinstosh, et la réalisation par les étudiants du premier magazine en PAO. Le démantèlement de l’imprimerie offset intégrée. La 64ème promotion de l’ESJ plongée, en mai 1990, en pleine Roumanie « post-révolutionnaire ». Les premiers étudiants vietnamiens acueillis à l’ESJ en 1994 et 1995. Le Mur de Berlin reconstitué dans la cour de l’école, en 1996 je crois, par les étudiants pour une fête « Est-Ouest ». L’émotion des journalistes kosovars invités à Lille en 1999. Et, à l’occasion de chaque rentrée, dans la solennité du grand amphithéâtre de l’école, les visages de ces jeunes, français et étrangers, heureux et fiers d’appartenir enfin à la grande famille de l’ESJ et de savoir que cette fois c’est sûr : ils seront journalistes.

    Marc Capelle

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    (1) Additif 27 janvier 2013 – Finalement cette proposition en direction de l’Université ne se concrétisera pas pour l’instant. C’est Pierre Savary, directeur des études, qui a été nommé pour me succéder à la direction,  tout en conservant son poste aux études, ceci afin de rester dans l’économie de notre projet.

    La Voix du Nord : « ESJ : six départs, ultime mesure d’un sauvetage budgétaire » ? 

    Nord-Eclair : « L’équipe de direction de l’ESJ Lille se sacrifie pour sauver la structure« .

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J’ai connu le téléphone en bakélite, les machines à écrire mécaniques, le typomètre et l’écriture manuscrite.

Aujourd’hui, je navigue sur les eaux troubles de notre monde numérique. Et j’attends la prochaine étape.

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