
Les soirs d’été, ils se rassemblent au bord du quai. Ils sont des dizaines, une bonne centaine peut-être. Certains viennent de loin, parfois en petits groupes, mais la plupart ne se connaissent pas. Assis sur les pavés, ils l’attendent. Parfois, il ne vient pas. Alors, passé minuit, ils rentrent chez eux sans bruit. Ils ont appris la patience et la confiance. Le lendemain, ils sont de retour, et savent que, cette fois, il sera là.
Ils le voient alors lentement approcher, debout sur sa barque, toujours enveloppé dans un manteau à capuche, lampe torche en pendentif. L’embarcation s’immobilise et, seul au milieu du bassin, il leur parle. Il leur dit les voyages, les mers, les aventures. Il leur raconte la vie, les trahisons, les projets, la mort aussi. Avec ses mains, il dessine les voiliers, les oiseaux, les montgolfières et les bombardiers, les cicatrices et les médailles. Longtemps, dans le silence de la nuit, de sa voix fluette portée par les eaux, il leur dit l’espoir et la victoire.

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