
A Dunkerque, jadis, le carnaval était comme ailleurs un rite de passage entre l’hiver et le printemps, mais il marquait aussi le début de la saison de pêche pour les marins qui allaient embarquer pour la mer d’Islande. Là-bas, au XVIIIème, XIXème et début du XXème siècles, pendant des mois, dans des conditions climatiques extrêmes, ils allaient pêcher la morue. Les bateaux étaient mal équipés, les accidents comme les morts sont nombreux. La Grande Pêche, comme on l’appelle, n’était pas une partie de plaisir.
Alors, avant de partir, avant de quitter femmes et enfants, ils s’en donnaient à coeur joie. Durant le carnaval, ils formaient la « bande des pêcheurs » (la vischersbende), dont le carnaval d’aujourd’hui garde le souvenir. Ils chantaient, buvaient, faisaient la tournée des lieux chauds de la ville. Ils savaient qu’une fois en mer, ils n’étaient pas sûrs de revenir. A l’époque, dans la cité de Jean Bart, le carnaval pouvait aussi être un passage entre la vie et la mort.
Mon arrière grand-père paternel, Joseph Fournier (1875 – 1932), était l’un de ces pêcheurs « à Islande ».
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