Bluesky : le réseau des bisounours ?

La grande migration est en cours. Ils fuient en masse l’enfer de Twitter/X et tentent de se réfugier sous le « ciel bleu » (Bluesky). Ces exilés ne supportent plus l’atmosphère épouvantable du réseau acheté et saccagé par Elon Musk pour 40 milliards de dollars. Quarante milliards !

Les échanges entre les premiers utilisateurs de ce nouveau réseau sont assez révélateurs. Tout le monde sur Bluesky affirme rechercher la paix, la politesse, le calme. Peace and love à tous les étages. Devenir membre de ce havre de paix n’est, pour l’instant, pas donné à tout le monde : seuls les détenteurs d’un code secret peuvent entrer. Un code transmis par un(e) ami(e) qui vous veut du bien. « Viens chez nous, l’air est plus frais ! ».

Alors, ce réseau qui se pose en alternative à Twitter/X ne serait-il qu’une maison de repos ? On observe, un peu dubitatif, les pensionnaires qui arpentent les allées du parc et se saluent, sourire aux lèvres. Tous ces curistes ne sont-ils là que pour se refaire une santé ?

Bluesky n’a pourtant pas intérêt à n’être que le royaume des bisounours, car on risque de s’y ennuyer rapidement. En 2023, un réseau social digne de ce nom ne peut plus se développer à coups de photos de chats ou de mots doux échangés entre abonnés.

Bref, on a besoin de débat, d’informations, d’analyses, d’ images de qualité. Tout cela est bien sûr déjà présent sur Bluesky, mais on est encore en période de tâtonnement, comme si on trempait un doigt de pied dans l’eau pour tester la température. Le profil des prochains arrivants donnera certainement au « ciel bleu » sa couleur définitive. Bleu délavé, bleu foncé, bleu roi ? Bleu Europe ? Un réseau généraliste ? Un réseau plutôt porté sur l’actualité ? Sur la recherche ? Tout est sans doute possible, à condition d’éviter le réseau mou du genou.


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